Didier LAROCHE



archéologie : Delphes, le sanctuaire d'Apollon

Le(s) Temple(s) d'Apollon

Plusieurs temples se sont succédés au même endroit. Certains, légendaires (temple construit en laurier, en cire d'abeille), d'autres attestés par des vestiges.

Le temple le plus ancien a laissé des restes incertains. En revanche, celui qui fut reconstruit à la suite d'un incendie survenu en -546, est en partie conservé : aux travers de pierres éparses, mais surtout au travers de blocs réutilisés dans plusieurs constructions : le nouveau temple rebâti au 4e siècle et divers murs de soutènement contemporains.
C'était un édifice magnifique, dont l'achèvement en marbre fut pris en charge par une famille athénienne éxilée, les Alcméonides. Le reste de la construction avait auparavant été financé au moyen d'une souscription lancée auprès de tous les peuples de la méditerranée orientale. Même pharaon apporta une contribution !
Les frontons étaient sculptés (en partie conservés), comme on le voit ci-dessous.


Ancien temple d'Apollon, dit "des Alcméonides" (6e siècle av. J.-C.): élévation restituée (F. Courby & H. Lacoste)

Le nouveau temple d'Apollon, reconstruit au 4e siècle av. J.-C., est resté debout jusqu'à la fin de l'antiquité. Ci-dessus, essai de reconstitution de l'espace devant le temple, autour de l'autel (dessin D. Laroche).


Façade restituée par ordinateur (D.Laroche) du temple d'Apollon du 4e siècle.

Le temple du 4e siècle ressemblait beaucoup à son prédécesseur, mais sa construction fut très chaotique en raison des événements qui secouèrent la région (guerres en Phocide) dans ces années-là.
On a retrouvé de nombreux passages des comptes financiers de la construction du temple, gravés sur de grandes plaques, qui apportent des renseignements précieux sur l'organisation d'un chantier à cette époque.

L'intérieur du temple


Reconstitution de l'intérieur du temple d'Apollon, par G. Roux

Le temple d'Apollon se distinguait des autres temples par la présence de l'adyton, c'est-à-dire d'un lieu secret où la Pythie recevait l'inspiration des dieux.
Les fouilles n'ayant retrouvé qu'un grand vide (sans doute en raison d'une destruction systématique à l'époque chrétienne), on n'en est réduit à des conjectures pour essayer de reconstituer l'aspect originel de ce "saint des saints".
On est à peu près sûr qu'il s'agissait d'un espace situé en contrebas du sol intérieur (voir dessin ci-dessus), et que s'y trouvaient au moins le trépied sur lequel s'asseyait la pythie, un laurier sacré et une statue d'Apollon.
Etait-ce une pièce, une sorte de grotte ? Etait-elle à ciel ouvert ou au contraire fermée ?
Il y avait à proximité un lieu où les consultants attendaient la réponse.

Les fameuses transes (ci-dessus : gravure du 19e siècle) de la Pythie sont surtout connues par les premiers chrétiens qui raillaient cette manifestation apparente de démence. Dans la plupart des cas, la Pythie officiait de façon plus sereine, par tirage au sort ou par d'autres systèmes permettant de choisir entre les deux termes d'une alternative.

Les travaux et les recherches actuellement en cours (P. Amandry et E. Hansen) devraient permettrent de mieux connaître la disposition intérieure du temple d'Apollon.


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